Retrouvez l’article de Ouest-France : La métropole et Territoires44 signent un accord en vue des municipales.

Depuis la fin des années 80, après avoir connu une grave crise économique symbolisée par la fermeture des chantiers Dubigeon, Nantes et son agglomération se sont progressivement imposées comme des territoires particulièrement dynamiques et attractifs.

Fruit du volontarisme des équipes municipales qui se sont succédées depuis 1989, investissant résolument sur la culture et l’environnement, et le maintien des équilibres urbains entre les quartiers, ce projet nantais a récolté ses fruits, avec des résultats réels, quantitatifs, tant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre que le maintien d’une population équilibrée, entre familles aux revenus modestes, classes moyennes et aisées.

Cet équilibre est aujourd’hui interrogé !

L’attractivité de la métropole nantaise et avec elle de l’ensemble de la Loire-Atlantique pourrait, sans action résolue, générer une insoutenable consommation des espaces agricoles et naturels, une explosion des mobilités thermiques individuelles dont le bilan CO2 annihilerait en partie les efforts réalisés dans la métropole elle-même.

L’impact de cette mutation sur la démographie du département est par ailleurs ambivalent. Assurément, nombre de villes moyennes ont bénéficié de la dynamique de l’agglomération (Clisson, Ancenis, Machecoul …) mais le développement est loin d’être homogène et d’autres territoires peinent à trouver un équilibre entre recettes économiques et coût de l’accueil de ces nouvelles populations qui demandent un niveau de service public élevé, équivalent à celui qu’elles imaginent dans la ville principale.   

Depuis 2014, pour répondre à ces défis majeurs qui concernent tout autant la qualité de vie dans la métropole que dans les territoires péri-urbains et ruraux, Johanna Rolland et son équipe ont ouvert la voie au travers d’une démarche « d’alliance des territoires », avec en autres des coopérations renforcées au sein du pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire, un contrat de réciprocité signé entre la métropole et le Pays de Retz, un plan alimentaire territorial élaboré avec les acteurs dans une logique concertée avec les territoires voisins.

Forte de cette impulsion pour construire des projets partagés, parce qu’elle s’appuie sur des ressources économiques puissantes, Nantes-Métropole se doit aujourd’hui de proposer un nouveau modèle de développement, répondant, aux échelles pertinentes, aux urgences environnementales et l’exigence de maintien de la cohésion sociale et territoriale. C’est un nouveau cycle que nous souhaitons engager où l’exigence de solidarités entre les territoires est centrale.

Naturellement cette ambition ne peut se concrétiser qu’à partir d’une étroite coopération et une vision d’avenir partagée avec l’ensemble des territoires de Loire-Atlantique. Les réponses aux enjeux de mobilité, d’emploi et de développement économique, aux défis énergétique et écologique, aux enjeux agricoles et d’alimentation traversent évidemment les frontières de nos institutions et de nos collectivités publiques.

Ce projet politique ambitieux nécessite donc de définir des objectifs très précis, une méthodologie claire et partagée et des outils pertinents.

3 objectifs majeurs doivent être poursuivis :

  • En finir avec l’artificialisation nette des terres à l’horizon de 2030 à l’échelle du département. Pour y parvenir, nous devrons inscrire cet objectif dans un Schéma de Cohérence Territorial (SCoT) à l’échelle du département.  Dans cette perspective, une relecture attentive des projets de la métropole nantaise, notamment sur la question de la densification des activités économiques, sera essentielle pour viser l’objectif d’une réduction de 50% de consommation des espaces prévus à l’urbanisation dans le PLUM actuel et pour ainsi garder des réserves pour les décennies suivantes. Un travail devra être par ailleurs engagé au sein du pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire pour s’inscrire dans cette perspective.
  • Atteindre la neutralité carbone en 2050 sur l’aire d’influence de la métropole. Cet objectif nécessitera d’atteindre un objectif très ambitieux de l’ordre de -50% de baisse des gaz à effet de serre en 2040 sur le territoire départemental et une réduction de moitié des émissions de CO2 de la métropole dès 2030, où l’effort est déjà engagé et les solutions plus faciles à développer.
  • Renforcer l’équilibre socio-économique à l’échelle de la métropole et du département. Pour répondre à cet objectif, nous aurons tout à la fois à équilibrer les emplois qualifiés dans et en dehors de la métropole, à renforcer les pôles secondaires et assurer la répartition des populations les plus vulnérables (précaires, réfugiés, etc.), en tenant compte de leurs besoins de mobilité.

Ces objectifs précis doivent se traduire dans des outils de gouvernance tout aussi précis. Ces objectifs et la méthode qui leur est associée nous oblige d’imaginer un nouveau modèle de gouvernance politique, à Nantes, au sein de la métropole mais également à l’échelle départementale. Cette gouvernance sera construite sur la coopération entre tous ces échelons.

Nous proposons ainsi :

  • Un Schéma de Cohérence Territorial (Scot) départemental en 2030 comprenant des schémas précis, de trame de biodiversité, d’implantations économiques et d’habitat favorisant la ville des courtes distances, le maintien des espaces agricoles, de réduction des émissions de GES (construits sur des plans des mobilités et de développement des ENR, outils clés pour atteindre cet objectif).
  • Sans attendre, la mise en place d’une conférence départementale des intercommunalités, co-animée par le Département et associant la Région afin de définir les bases de ce dialogue et de cette coopération. Sans pouvoir décisionnel, cette conférence régulière sera néanmoins le lieu qui permettra de s’accorder sur le financement d’outils départementaux par les intercommunalités (à l’image de l’Agence Foncière) sur des stratégies économiques et de mobilité communes, des coopérations dans le domaine de l’alimentation, l’énergie, etc…
  • Le renforcement du pôle métropolitain Loire-Bretagne. Sans une stratégie cohérente à cette échelle, nous ne pourrons tenir aucun de nos grands objectifs sociaux et environnementaux. Ce nouvel équilibre n’est possible que si les villes moyennes qui se trouvent entre les différentes métropoles voient aussi leur rôle renforcé. Le pôle métropolitain devra jouer un nouveau rôle en termes d’aménagement équilibré du territoire devenant ainsi un espace de dialogue avec les villes moyennes, les départements et les régions.

La mise en œuvre d’une stratégie aussi ambitieuse passe par une mobilisation forte de tou·tes les élu·es, elle nécessite de renforcer notre culture commune, de mieux se connaître entre territoires. Elle appelle à de nouvelles approches de l’action publique territoriale, notamment par les services et agences de développement économique. Pour mener à bien cette mutation, Nantes Métropole se dotera d’une vice-présidence dédiée, en charge de la coopération entre territoires.