[communiqué de presse] La méthanisation, un outil au service de la lutte contre le dérèglement climatique…

En Loire-Atlantique,  deux projets agro-industriel d’unité de méthanisation sont en gestation, à Corcoué-sur-Logne et Puceul.

A Corcoué-sur-Logne, porté par la coopérative d’Herbauges, le projet a pour objectif de produire du gaz naturel à partir des effluents d’élevage des alentours  à hauteur de 80% et de cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN) pour 20%. Il concerne 230 producteurs, le traitement de 548 000 tonnes d’effluents et 132 000 tonnes de CIPAN, soit 680 000 tonnes de gisement annuel. La structure financière est assurée par une SAS dont le capital est apporté à 60% par les producteurs et la coopérative et 40% par l’entreprise Nature Energy, investisseur danois et leader sur le marché de la méthanisation dans son pays.

La méthanisation est un des leviers permettant à la France d’atteindre ses objectifs en matière de lutte contre le réchauffement climatique et réduire drastiquement sa dépendance vis-à-vis des ressources fossiles.

… qui doit s’inscrire, en toute transparence,  dans une perspective de développement durable et de transition agricole.

Comme toute solution œuvrant pour la transition écologique, la méthanisation comporte de forts enjeux d’intégration environnementale, territoriale et sociétale. La création de cette filière doit donc s’inscrire dans une perspective de développement durable,  et donc s’orienter résolument dans une transition agricole vers un modèle respectueux des paysan.es eux-mêmes, de l’environnement et des citoyen.es.

Territoires44 s’interroge aujourd’hui sur les impacts de ces deux projets et notamment sur le modèle agricole qu’ils sous-tendent, sur le devenir des sols et l’autonomie des paysans. Ces derniers seront-ils toujours au service d’une agriculture de proximité, nourricière, ne risquent-ils pas de devenir dépendant de la vente de leurs effluents d’élevage ?

Par ailleurs, force est de constater l’absence de concertation, au-delà des attendus règlementaires. Sur ce projet comme pour d’autres, les elu.es locaux sont souvent mis devant le fait accompli. Il apparait nécessaire que ces derniers puissent être réellement associés ne serait-ce que pour permettre un dialogue sincère et une co-production avec les habitant.es, seules conditions d’acceptation sociale d’un projet. Une coopération de tous les acteurs, porteurs, collectivités, citoyens et l’État est fondamentale pour peu que l’on souhaite à la fois l’atteinte des objectifs environnementaux, une réelle autonomie des paysan.es et l’acceptabilité d’un projet.

Territoires44 demande un moratoire

Pour toutes ces raisons, Territoires44 considère que beaucoup de questions restent en suspens et qu’un temps trop réduit a été consacré à la concertation entre les acteurs. Territoires44 propose ainsi un moratoire sur la création de nouveaux projets de méthanisation. Ce moratoire permettra, avec la chambre d’agriculture, d’effectuer un bilan global, notamment en termes d’impacts, des structures déjà installées. Il est essentiel de vérifier que ce type de projet n’aboutisse pas à une affectation démesurée des terres vers des productions agricoles énergétiques, l’objectif principal de l’agriculture étant de nourrir la population.

Enfin, puisque nous nous apprêtons de nouveau à entrer dans une période électorale, . Territoires44 en appelle à tous les candidat.es aux futures élections, départementales et régionales, pour qu’ils définissent  une stratégie à la fois sur le foncier agricole à l’échelle de ces grandes collectivités et la question de l’artificialisation mais aussi sur les projets d’énergie renouvelable pour promouvoir leur développement tout en veillant à ce qu’ils respectent l’environnement et en assurant leur acceptabilité.     

Les coprésidents Claire Tramier, maire de Lavau-sur-Loire et Jean-Pierre Possoz, maire d’Abbaretz